dimanche 12 février 2012

A survivor from Warsaw (1946)

                                                                  A survivor from Warsaw (1946)




A survivor from Warsaw (un survivant de Varsovie), est une cantate (composition musicale pour voix et instrument) pour chœur d’hommes, récitant et orchestre symphonique, écrite par Arnold Schönberg. L’intégralité de l’œuvre dure environ 7 minutes.
Cette œuvre est composée en hommage aux victimes juives et en souvenir de l’année 1933, date à laquelle Schönberg est contraint de fuir l’Allemagne pour les Etats-unis.
1.       Le texte
Le texte évoque le récit d’un jeune juif échappé du ghetto de Varsovie. Le narrateur est arrivé jusqu’aux égouts de la ville, mais ne se souvient plus comment.
Un jour dans un camp, les nazis appellent un groupe de juifs, mais il y eu confusion lors du rassemblement, les gardiens battirent les juifs (dont le narrateur) qui ne pouvaient pas suivre assez vite, et achevèrent de frapper à terre ceux d’entre eux qui ne pouvaient pas se relever.
Ils furent laissés pour morts, et le gardien demanda aux survivants de se compter pour savoir combien seraient envoyés vers la chambre à gaz.
Le comptage est de plus en plus rapide, et l’œuvre arrive à son sommet (climax), lorsque les juifs (le chœur), commencent à chanter la vieille prière Chema  Israël.
2.       Le ressenti
Il se dégage à l’écoute de cette pièce une grande impression de stress, d’angoisse et de désordre. Tout est pensé dans la composition pour tenter de traduire en paroles et en musique l’horreur de ces instants.
3.       Les langues employées
Le texte lu par le récitant est en Anglais, dans un style
Des exclamations en Allemand viennent ponctuer le récit. Ce sont les interventions des nazis, qui appellent, menacent, ordonnent d’accélérer le compte. Ces interventions sont parfois criées, ce qui ajoute au réalisme de la scène.
La prière « Chema Israël » (« écoute  Israël ») entonnée par le chœur est en Hébreu.
4.       Utilisation des instruments de l’orchestre
Le climat sonore évoque, l’angoisse, la confusion, le désordre et la violence.
Le timbre des instruments est très agressif, il n’y a pas de thème directeur, ce qui contribue à l’idée de confusion et d’horreur qui règne. L’orchestre exprime les cris, les coups.
L’accélération évoque le décompte des juifs pour les déporter vers les camps.


5.       L’orchestration
Le procédé d’écriture est dodécaphonique. Ce procédé, imaginé par Schönberg, est utilisé dans la musique dite « sérielle ». Il donne une importance égale aux 12 notes de la gamme chromatique (les touches blanches et noires du piano), et évite ainsi toute tonalité.
La série dodécaphonique est conçue comme une succession de douze sons dans un ordre donné.
Un son ne peut être rejoué que si les 11 autres sons ont été entendus.
6.       La prière
La prière « schema Israël » est considérée comme l’une des prières les plus importantes du Judaïsme. Elle se récite en se levant, en se couchant (sur son lit, mais aussi son lit de mort), sur le chemin, dans son foyer. Elle s’enseigne aussi à ses enfants. Elle incite à aimer Dieu, et à se surpasser à chaque instant. Elle explique qu’il vaut mieux mourir que transgresser.

7.       L’expressionisme
L'expressionnisme est un mouvement artistique qui prit son essor dans les premières années du 20ème siècle en Allemagne.
Vincent Van Gogh, James Ensor et Edvard Munch sont souvent considérés comme les précurseurs de ce style.

L'expressionnisme se retrouve aussi bien dans la peinture et la sculpture que dans la musique (Schönberg), la littérature (Kafka) ou le théâtre (Brecht).

8.       Biographie

Arnold Schönberg  (1874-1951) :
Né à Vienne (Autriche), et mort à Los Angeles,  Schönberg est compositeur et peintre.
Il fait partie du courant de l’expressionnisme Germanique, courant qui regroupe les artistes relatant dans leurs œuvres l’expression intense de thèmes angoissants ou tragiques.
Il fonde en 1900 avec Alban BERG et Anton WEBERN la seconde école de Vienne. (la première école de Vienne désignait Mozart, Hadyn, Beethoven et Schubert).
Ils seront au XXème siècle les précurseurs de la musique contemporaine, en explorant l’atonalité, le dodécaphonisme et le sérialisme.
Schönberg écrit aussi des ouvrages théoriques sur la musique (traité d’harmonie), des poésies et des toiles (autoportrait 1910). Le peintre Kandinsky fût l’un de ses amis.
                                                              Arnold Schönberg L.A 1948


                                                                Auto-portrait (1910)


                                                          Edvard Münch "LE CRI" (1910)


                                            Armand NAKACHE "L'homme traqué" (1959)


James ENSOR "squelettes se disputant un hareng-saur" (1891)



Vinçent VAN GOGH "nuit étoilée" (1889)

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